« Rencontre avec Georges Souche »
Auteur photographe depuis 1994, Georges Souche consacre l’essentiel de son travail photographique à sa région natale, le Languedoc-Roussillon, menant en parallèle des projets personnels et des travaux de commande.
Il donne à la lumière une place importante, patientant parfois durant des heures pour saisir le parfait éclairage naturel qui magnifiera le paysage. Poète de l’image, il a longtemps collaboré aux côtés de Max Rouquette, réalisant avec l’auteur occitan deux ouvrages mettant à l’honneur la nature languedocienne : Lac du Salagou, miroir aux cents visages et Larzac.
« La rêverie géologique est une prise de conscience de notre vanité d’insectes humains, surtout quand on s’y livre au bord d’un lac. On savait que les civilisations sont mortelles, on comprend que les espèces le sont aussi, la nôtre en particulier. Il ne restera rien de nous dans 250 millions d’années, aucun monument, même pas nos déchets nucléaires. Le lac aura disparu, asséché et comblé, enseveli sous des centaines de mètres de roches ou submergé par la mer, et nous avec. Dans le meilleur des cas, une autre espèce intelligente sera advenue, dont l’anatomie imprévisible se penchera avec perplexité sur les rares vestiges fossiles que nous aurons laissés. Cette espèce descendra peut-être de Buthus occitanus (= le scorpion languedocien). Un arrière petit-fils de scorpion découvrira des fragments de tuyaux, le panneau métallique du ministère de l’agriculture, une sandale de baigneur dont la matière plastique sera transmuée en pierre, mais dont la forme sera vaguement préservée. S’il a fait des études scientifiques, il remarquera que ces rares fossiles se trouvent dans une couche stratigraphique correspondant à une extinction massive d’espèces, la sixième. C’est à ce signe qu’il reconnaîtra que les humains ont existé »





